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Benjamin Babunga l'humanitaire congolais otage de l'Alliance TSHISEKEDI et NDAYISHIMIYE

Monsieur Benjamin Babunga est un père de famille, privé arbitrairement de sa liberté simplement parce que deux chefs d'État en ont décidé ainsi.

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·29 août 2026·5 min de lecture

Benjamin Babunga Watuna a été arrêté le 27 mai 2026 (certaines sources mentionnent le 26 mai) à Bujumbura, au Burundi, par les services de renseignement burundais (SNR). Cette interpellation est intervenue lors d'une mission humanitaire, sur présomption de collaboration avec le mouvement AFC/M23, à la demande des autorités de la République Démocratique du Congo (RDC).

​Il convient de souligner que Benjamin Babunga est un humanitaire congolais vivant en Belgique. Il a grandi et passé plusieurs années au Burundi, et au cours de sa carrière professionnelle d'humanitaire, il a travaillé dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, dont le Niger.

​Il est également passionné par l'histoire, particulièrement celle de la région des Grands Lacs. Sur diverses plateformes des réseaux sociaux, il est connu pour ses analyses objectives, notamment en ce qui concerne l'actualité en RDC, son pays d'origine.

Ses analyses sans complaisance lui ont valu à plusieurs reprises des insultes et autres attaques de la part des partisans du régime de Kinshasa, qui tendent à assimiler toute personne n'adhérant pas à leur narratif sur la crise en RDC à un « Rwandais » et à un « traître ».

C'est précisément dans ce cadre qu'il a été arrêté au Burundi, soupçonné d'être en lien avec le mouvement politico-militaire congolais AFC/M23.

Cette arrestation s'inscrit dans un contexte où le Burundi est un allié de Kinshasa dans la guerre à l'est de la RDC. Les troupes burundaises combattent aux côtés des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et sont accusées de plusieurs massacres et exactions sur les populations civiles, en particulier les Tutsis congolais.

Pourtant, cet humanitaire apolitique n'a jamais apporté de soutien à l'AFC/M23 ni à aucun autre camp politique en RDC. Son arrestation a été effectuée à la demande des autorités de Kinshasa qui avaient d'ailleurs sollicité son extradition n'eût été la forte pression de l'opinion publique sur les réseaux sociaux.

Le 15 juillet dernier, la chambre du conseil a prononcé la mise en liberté provisoire de Benjamin Babunga. Malgré cela, l'humanitaire continue d'être détenu arbitrairement, le régime burundais ne voulant pas frustrer Kinshasa, son allié.

​Il est ainsi devenu à ce jour un otage de l'alliance entre le président burundais Évariste Ndayishimiye et le président congolais Félix Tshisekedi. Cette entente a permis à Kinshasa de propager ses tentacules jusqu'au Burundi pour y réprimer toute voix critique à l'égard de son régime.

L'arrestation de Benjamin Babunga ne constitue pas un cas isolé. Dans un passé récent, la Zambie a aussi permis à Kinshasa de mener la traque aux opposants katangais exilés sur son territoire. À titre d'exemple, nous avons le cas du pasteur Daniel Ngoy Mulunda, enlevé en Zambie malgré son statut de réfugié et détenu à ce jour dans un lieu inconnu, ainsi qu'Hugor Muteb aujourd'hui en liberté après plusieurs mois de détention et de torture , aux côtés d'une dizaine d'autres détenus se trouvant dans les prisons de Kinshasa.

Le plus intriguant dans tout cela demeure le silence des organisations internationales et régionales face aux multiples cas de détentions arbitraires, de disparitions forcées, d'assassinats et d'autres formes de violations des droits de l'homme commis par Kinshasa et son allié burundais.

Monsieur Benjamin Babunga est un père de famille, privé arbitrairement de sa liberté simplement parce que deux chefs d'État en ont décidé ainsi.
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