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Les businessmans du sang : Attribution opaque à la famille Tshisekedi des marchés d'achat d'armes et de munitions pour les FARDC

Au-delà du secteur minier dans le Katanga, où la famille Tshisekedi est impliquée dans un pillage sans précédent, cette famille étend ses tentacules jusque dans l'achat d'équipements militaires, également marqué par une opacité sans précédent.

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·9 septembre 2026·5 min de lecture

Durant les 18 années de son règne, l'ancien président Joseph Kabila s'est employé à construire une armée républicaine après la réunification du pays et l'intégration au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) de militaires issus d'anciennes rébellions.

Lorsqu'il a quitté le pouvoir en 2019, il a légué à son prédécesseur une armée perfectible mais structurée, disposant d'une organisation établie et dotée de matériels et d'armements modernes.

​À son arrivée au pouvoir en 2019, confronté à un déficit de légitimité suite aux contestations des élections de 2018, le président Félix Tshisekedi a amorcé une purge ciblée au sein de la hiérarchie militaire.

Cette politique d'éviction s'est abattue en premier lieu sur les officiers supérieurs soupçonnés de proximité avec l'ancienne administration, les militaires issus de l'espace linguistique swahiliphone faisant l'objet d'une surveillance particulière. Plusieurs d'entre eux ont été incarcérés à Kinshasa ou éliminés.

Parallèlement, une politique de favoritisme ethnique a été introduite au sein de l'institution militaire, se traduisant par l'enrôlement et la promotion rapide de membres de la communauté luba, issus de la diaspora ou recrutés localement, souvent en l'absence de formation adéquate.

Un réseau d'approvisionnement parallèle et familial

Depuis 2021, la gestion des contrats d'armement sensible destinés aux FARDC et à la Police nationale congolaise (PNC) a échappé aux circuits officiels de l'état-major général et du ministère de la Défense.

Selon des sources concordantes au sein de l'appareil militaire, deux frères du chef de l'État, Christian Tshisekedi et Claude Tshisekedi, pilotent un réseau d'approvisionnement occulte.

Le Président Félix Tshisekedi et son frère Christian Tshisekedi
Le Président Félix Tshisekedi et son frère Claude Tshisekedi

Ce canal d'achat, qui s'étend de la Chine et de la Turquie jusqu'à l'Afrique du Sud et l'Ukraine, est opéré par des personnalités dépourvues de toute expertise militaire ou de défense.

La motivation exclusive de cette centralisation officieuse demeure financière, transformant les acquisitions stratégiques en opportunités d'affaires lucratives pour le premier cercle présidentiel.

L'impact opérationnel et la dégradation de la sécurité à l'Est

Les conséquences de cette gestion informelle se font lourdement ressentir sur les théâtres d'opérations.

Lors des offensives menées par l'AFC/M23 et la chute de localités clés dans l'Est du pays, il est apparu que les équipements de protection individuelle casques et gilets pare-balles fournis aux troupes étaient de qualité compromise, voire inefficaces.

De surcroît, des lots de munitions livrés aux unités en ligne se sont révélés inadaptés aux armements en dotation.

Alors que le gouvernement congolais a alloué plus de 23,5 milliards de dollars américains depuis la résurgence de la crise en 2021, le soldat congolais sur le terrain demeure sous-équipé.

Face aux revers répétés, l'exécutif a dû recourir à des supplétifs extérieurs, incluant des éléments des FDLR, l'armée burundaise et des sociétés militaires privées étrangères.

​À titre d'exemple, avant la prise de positions stratégiques par la rébellion, des mercenaires roumains et moldaves ont été engagés pour des rémunérations mensuelles atteignant 9 000 dollars, contrastant drastiquement avec la solde du militaire congolais, maintenue sous la barre des 200 dollars.

La pérennisation du conflit pour l'intérêt familiale

L'implication directe de la famille présidentielle dans ces circuits d'approvisionnement éclaire sous un angle nouveau la posture belliqueuse observée à Kinshasa face à la crise dans les provinces orientales.

En dépit de la détresse humanitaire et des souffrances endurées par les populations civiles, les initiatives diplomatiques régionales et internationales visant une désescalade font régulièrement l'objet d'obstructions de la part du pouvoir central.

Pour ce réseau militaro-commercial, dont les ramifications s'étendent également au secteur minier, la poursuite de l'instabilité sécuritaire constitue le fondement même de sa rentabilité.

La guerre s'est muée en une industrie prospère dont la survie économique prospère sur la persistance des hostilités à l'Est de la RDC.

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