
RDC : Jean-Pierre Bemba Gombo, le naufragé et improductif ministre congolais des Transports.
Jean-Pierre Bemba Gombo a, pendant plusieurs années, vendu un espoir vain aux Congolais, se déclarant l'homme de la situation, capable de relever le défi du développement de la RDC. Malheureusement, ce n'est qu'un rêve utopique dans un gros ballon d'air.
Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien chef de guerre et ex-pensionnaire de la prison de la CPI, où il a séjourné à partir de mai 2008 à la suite d'accusations de crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine par les troupes de son mouvement rebelle, le MLC.
À sa libération en 2018, il a d'abord intégré la coalition Lamuka, qui avait porté la candidature de Martin Fayulu, avant de rejoindre le président Tshisekedi en 2021 au sein de l'Union sacrée de la Nation, après la rupture de ce dernier avec l'ancien président Joseph Kabila.
Nommé ministre de la Défense le 23 mars 2023, c'est durant son passage à la tête de ce ministère que la crise sécuritaire à l'Est de la RDC s'est aggravée, à cause de la guerre engagée par le gouvernement congolais contre le mouvement politico-militaire congolais AFC/M23.

Son bilan a été jugé catastrophique par plusieurs observateurs de la scène politique congolaise, y compris dans l'entourage du président Tshisekedi. Il s'est en revanche illustré par des attaques personnelles contre l'ancien président Joseph Kabila Kabange, qu'il qualifie de Rwandais, mais aussi contre l'opposant Moïse Katumbi et la communauté tutsie congolaise.
Jean-Pierre Bemba Gombo est aussi connu pour son hostilité envers les ressortissants swahiliphones de l'Est. En 2006, lors de la campagne du second tour de la présidentielle qui l'opposait à Joseph Kabila, il n'avait pas hésité à appeler la population de Kinshasa à leur barrer la route.
Une ombre de lui-même au ministère des Transports
Lors de la formation d'un nouveau gouvernement le 28 mai 2024, il a quitté la Défense pour devenir ministre des Transports, tout en conservant son rang de vice-Premier ministre.
Depuis son arrivée à la tête de ce ministère, il n'a initié ni réformes ni actions susceptibles de moderniser les secteurs du transport en République démocratique du Congo.
De juin 2024 à septembre 2026, plus de 570 morts et disparus ont été officiellement recensés dans divers naufrages sur le fleuve Congo et ses affluents, faute de rigueur, de régulation et de suivi dans le transport fluvial.

Rien qu'en ce mois de septembre 2026, la RDC a connu deux naufrages meurtriers. Le bateau MV MJP a sombré le 23 septembre, faisant 39 disparus et 36 rescapés. Un autre point de situation, relayé le 25 septembre, faisait état de plus de 40 personnes portées disparues sur 84 à bord (dont 12 membres d'équipage).
Le dernier drame en date remonte au 27 septembre 2026, aux abords de l'île d'Idjwi, dans la province du Sud-Kivu. L'embarcation avait quitté Bukavu en direction du nord d'Idjwi. Au moins 12 corps ont été repêchés, une quinzaine de rescapés ont été secourus et plusieurs dizaines de personnes sont portées disparues.
Les catastrophes aériennes ne sont pas en reste : la dernière en date a coûté la vie à deux officiers supérieurs de l'armée congolaise à Kenge.
À chaque fois, le ministre se contente de communiqués et de suspendre des services de l'État relevant de son secteur. Dans une situation normale, ces drames auraient conduit à sa démission si l'élite congolaise avait un minimum de moralité, et si le leadership à la tête du pays était un peu plus exigeant et responsable.
Congo Airways, la compagnie créée par l'ancien président Joseph Kabila, est aujourd'hui en faillite, tout comme la société Transco. Quant à l'état des chemins de fer en RDC, mieux vaut ne pas en parler.
Jean-Pierre Bemba Gombo est aussi très actif dans le secteur minier au Katanga, notamment dans la province du Lualaba, dirigée par son ancienne protégée Fifi Masuka, qui fut l'une de ses proches au MLC et dont les rapports allaient, selon plusieurs témoins, au-delà de la politique.

En attendant l'avènement d'une gouvernance responsable, le peuple congolais n'a d'autre choix que de compter ses morts, au rythme des naufrages et des crashs aériens.
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