
Parce que nous ne devons pas attendre qu'il ne reste plus personne à sauver.
L'idéologie de la haine systématique et la discrimination contre les swahiliphones et les Banyamulenge en RDC sont une réalité. Cette politique honteuse, savamment entretenue et encouragée par le gouvernement congolais depuis l'arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi en 2019, ne peut plus être ignorée. Dans cette tribune, Sandra Nkulu-Kyungu, coordonnatrice du PPRD/Diaspora, revient sur l'important rassemblement qui a dénoncé cette cruauté.
Tribune de Sandra Nkulu-Kyungu
Samedi 3 octobre 2026, nous avons été conviée à participer au Rassemblement USA–Afrique pour la protection de la vie humaine, la prévention du génocide et la paix en Afrique, organisé à Indianapolis, aux États-Unis, dans le cadre d'une rencontre de réflexion, de mobilisation et de prière en faveur de la paix et des populations affectées par les violences dans l'Est de la RDC.

Plusieurs personnalités y ont pris part, dont l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Me Azarias Ruberwa, ainsi que des leaders religieux et politiques, des représentants de la diaspora congolaise, de la société civile, des défenseurs des droits humains et des membres de la communauté diplomatique.
Invitée à prendre la parole, nous avons tiré la sonnette d'alarme sur l'instrumentalisation des identités, la stigmatisation et la déshumanisation, qui ne menacent pas seulement la cohésion de la RDC ; elles constituent une menace directe pour la paix et la stabilité de toute la région des Grands Lacs. L'histoire nous enseigne où peuvent conduire de tels discours lorsqu'ils ne sont pas combattus à temps.
Nous avons notamment évoqué la situation tragique au Katanga, la stigmatisation des Congolais swahiliphones, ainsi que la situation de plusieurs personnalités de l'Est et de l'espace swahiliphone confrontées à l'exil ou à des formes de répression politique. Sans les nommer dans notre adresse, nous tenons à citer ici quelques-uns de ces noms :
- Moïse Katumbi Chapwe
- Matata Ponyo
- Richard Muye
- Kikaya Bin Karubi
- Néhémie mwilanya
- Moïse nyarugabo
- Félix kabange jumbo
- Michel maman
- Élysée MINEMBWE
- Justin kiluba Longo
- Patient Sayiba Ntambwe
- Francine Muyumba
- Simon-Pierre Iyananio
- Henri Mova et bien d'autres.
Derrière chacun de ces noms se trouvent des parcours, des combats et des situations qui méritent d'être regardés avec sérieux, au-delà des clivages politiques.
Nous avons également dénoncé la condamnation à mort par contumace du président Joseph Kabila, que nous considérons comme profondément injuste et révélatrice d'une instrumentalisation politique de la justice visant à transformer un ancien président de la République en « ennemi de la nation ». Nous avons aussi rappelé les menaces, violences et tentatives visant sa personne auxquelles il a survécu.
Nous avons porté une attention particulière aux Tutsis congolais du Nord et du Sud-Kivu (Banyamulenge), à leur citoyenneté, leur dignité et leur droit à vivre en sécurité.
Cette prise de parole s'inscrit dans une démarche plus large que nous poursuivons depuis plusieurs années en faveur de la paix en RDC et dans les Grands Lacs, de la cohésion nationale et de la protection des minorités.
À travers différents forums, conférences, rencontres et espaces de dialogue, en RDC comme à l'international, nous continuerons à porter ces questions-là où elles doivent être entendues.
Notre participation au Forum Ubuntu à Paris en août dernier, à une conférence de presse à Bruxelles contre les violations des droits humains en septembre, puis au rassemblement USA–Afrique à Indianapolis, ne sont que quelques-unes des étapes de cet engagement.
Et nous continuerons.
Partout où il faudra parler de paix, de dignité humaine, de cohésion et de protection des populations civiles, nous irons.
Nous invitons particulièrement la jeunesse congolaise et africaine, ainsi que les responsables politiques, à prendre leurs responsabilités et à jouer pleinement leur partition.
Ne renonçons pas à défendre les minorités simplement parce que certaines causes sont politiquement difficiles ou dangereuses. La vie humaine doit toujours passer avant les calculs politiques. Le silence ne peut jamais être le prix de la paix, et la défense de la dignité humaine ne devrait jamais être considérée comme une faiblesse politique.
Chacun, à son niveau, doit faire sa part.
“La vie humaine d'abord. La dignité d'abord. La paix d'abord.”
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