
Mensonges, manipulation de masse, corruption, victimisation et intimidation : les 6 piliers sur lesquels Kinshasa a bâti son narratif et sa diplomatie.
L'instabilité et les crises à répétition en RDC tirent leur source au lendemain de l'indépendance en 1960. Elle s'est accentuée avec la mauvaise gouvernance que connaît ce pays ; mettre cela sur le dos du Rwanda relève d'une volonté de ne pas sortir du trou.
En janvier 2019, Félix Tshisekedi accède au pouvoir à Kinshasa pour un premier mandat à la tête de la RDC, après des élections organisées fin 2018 qui, selon plusieurs sources diplomatiques, s'étaient soldées par un compromis à l'africaine (un deal entre le président sortant Joseph Kabila et le vainqueur proclamé, Félix Tshisekedi).

Quelques mois après sa prise de fonctions, Félix Tshisekedi entame des contacts avec des éléments du M23 exilés en Ouganda, suite à leur retrait du territoire congolais après le conflit les ayant opposés à l'armée congolaise en novembre 2013.
À l'époque, les derniers bastions rebelles de Chanzu et Runyoni, dans les collines surplombant le Rutshuru au Nord-Kivu, étaient tombés après une offensive décisive de l'armée congolaise (FARDC), qui avait bénéficié du soutien crucial de la brigade d'intervention de la MONUSCO.

Des informations persistantes ont indiqué qu'une délégation de cadres du M23 aurait été logée et nourrie à Kinshasa pendant près de 14 mois à partir de 2020, dans le cadre de discussions secrètes portant sur une reddition, une alliance politique, ainsi que leur intégration éventuelle dans la garde républicaine.
Un document signé par l'ancien vice-premier ministre en charge de l'Intérieur, Gilbert Kankonde, sollicitant des fonds pour leur prise en charge, de même que des photos prises par les cadres du M23 durant leur séjour à Kinshasa, confirment cette information. Après 14 mois passés dans la capitale, cette forte délégation s'est sentie obligée de retourner en Ouganda, les pourparlers avec le régime Tshisekedi n'ayant pas abouti malgré les promesses et engagements pris par le président congolais.


Le déclenchement de la crise
- Novembre 2021 : Premières attaques d'envergure menées par les combattants du Mouvement du 23 Mars (M23) contre des positions de l'armée congolaise dans les territoires de Rutshuru et Masisi.
- 12-13 juin 2022 : La cité stratégique et frontalière de Bunagana tombe aux mains du M23 après d'intenses combats.
Il faut souligner que le M23, dans son format actuel, s'est reconstitué et organisé en Ouganda, contrairement au narratif du gouvernement congolais qui accuse le Rwanda d'avoir armé et structuré la rébellion. Le mouvement s'est réorganisé autour du général Sultani Makenga, de Bertrand Bisimwa et d'autres cadres et officiers, tous congolais, qui s'étaient réfugiés en Ouganda après le conflit de 2013.

Les revendications de ce mouvement sont restées les mêmes : le respect des accords du 23 mars 2009 et la sécurisation des minorités ethniques de l'Est de la RDC, victimes de marginalisation, de massacres et de persécutions de la part de groupes armés et d'acteurs étatiques du régime de Kinshasa.
Le 15 décembre 2023, l'Alliance Fleuve Congo (AFC) a été officiellement créée à Nairobi, au Kenya, par Corneille Nangaa ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la RDC aux côtés de hauts cadres du M23. Regroupant des partis politiques, des personnalités de la société civile et des groupes armés, l'AFC est coordonnée politiquement par Corneille Nangaa, tandis que Sultani Makenga en dirige la branche militaire.

L'AFC est née comme une plateforme de sursaut national visant à « refonder l'État », à remédier à l'incapacité du pouvoir central à sécuriser le pays et à provoquer des négociations politiques globales avec Kinshasa.

Un an et demi après sa création, cette alliance a connu une montée en puissance militaire grâce à l'enrôlement de nombreux jeunes congolais ayant choisi de rejoindre le mouvement et ses revendications, ce qui lui a permis de prendre les villes de Goma et Bukavu, ainsi que d'autres localités dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Depuis son accession à l'indépendance en 1960, la RDC a traversé des décennies d'instabilité politique et sécuritaire, particulièrement dans sa partie Est, marquée notamment par l'arrivée massive des FDLR après le génocide contre les Tutsis au Rwanda en 1994.
Ce groupe établi à l'Est de la RDC s'est renforcé grâce à la complicité et à la complaisance des autorités congolaises. Les FDLR ont toujours nourri l'ambition de déstabiliser le Rwanda et n'ont jamais digéré leur défaite face à l'armée du FPR, dirigée à l'époque par le général Paul Kagame. Aujourd'hui, ils se trouvent d'ailleurs dans une alliance militaire avec le gouvernement congolais dans la guerre contre l'AFC/M23.
Le Rwanda, l'éternel bouc émissaire du Congo
Peu après le début des hostilités en 2021 entre l'armée congolaise et le M23, les autorités congolaises ont très vite pointé du doigt le Rwanda, l'accusant d'être derrière la rébellion, alors même que celle-ci venait de l'Ouganda et y avait établi ses bases arrière. Pourquoi le Rwanda ? Depuis plusieurs décennies, faire porter au Rwanda la responsabilité de l'instabilité congolaise est devenu une coutume commode pour la classe politique de Kinshasa.

Il convient de rappeler qu'avant la résurgence du M23 en 2021, l'Est de la RDC comptait déjà une centaine de groupes armés internes, très souvent entretenus par des politiciens congolais locaux ou par le gouvernement central lui-même.
Depuis 2021, Kinshasa a mobilisé des moyens financiers considérables pour vendre et défendre le narratif de l'agression rwandaise, occultant le fait que les acteurs de l'AFC/M23 sont tous congolais et que leurs revendications relèvent de la gouvernance interne du pays.
Les membres du cabinet du président de la République, le ministère de la Communication et Médias ainsi que celui des Affaires étrangères se sont lancés dans une vaste offensive internationale pour rallier les médias, les influenceurs, les organisations internationales et les groupes de pression. À coup de millions de dollars, certains experts, députés européens, ONG et médias ont inondé le monde d'analyses et de rapports calqués sur le narratif de Kinshasa.

Les discours de haine contre les Tutsis congolais ont été amplifiés dans les médias et sur les réseaux sociaux sous l'impulsion de Kinshasa, qui accuse cette communauté d'être à la solde du Rwanda. Plusieurs personnes ont été enlevées, détenues arbitrairement à Kinshasa, brûlées vives, lapidées ou ciblées par des violences, le tout sous le silence complice d'ONG internationales qui multiplient les voyages entre Kinshasa et l'Occident pour produire des rapports unilatéraux.

Quiconque refuse d'adhérer au narratif du gouvernement de Kinshasa est immédiatement qualifié de traître ou d'ennemi de la République à la solde du Rwanda. Toute analyse objective et tout diagnostic sérieux de la crise sont rejetés en bloc et qualifiés de « poison rwandais ».
Journalistes, acteurs politiques et membres de la société civile ont été arrêtés arbitrairement, menacés ou contraints à l'exil pour échapper à la mort, simplement pour avoir refusé de cautionner l'instrumentalisation du Rwanda comme bouc émissaire des échecs de gouvernance en RDC.
Il y a quelques jours, le gouvernement congolais par l'entremise de son ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, assisté des services de cyberdéfense a lancé une traque sur le réseau social TikTok ciblant les comptes de médias et de citoyens non favorables au narratif officiel.
Plusieurs comptes, dont celui de Daraja Media, ont fait l'objet de signalements calomnieux les présentant comme liés à un mouvement terroriste, dans le but de les faire bannir de la plateforme.
Au-delà des menaces, de la manipulation et de la corruption, Kinshasa cherche à réduire au silence toutes les voix critiques qui rappellent le gouvernement à ses responsabilités et refusent de propager des mensonges au nom d'un prétendu patriotisme.
“Le véritable patriotisme réside dans la lucidité et la raison. On ne soigne pas une plaie avec des faux-semblants, mais avec un traitement approprié fondé sur un diagnostic honnête et sans complaisance.”
Le gouvernement congolais a plutôt choisi d'endormir le peuple avec le mensonge et la manipulation, évitant tout simplement de regarder la vérité en face et de traiter les causes profondes afin d'instaurer une paix durable en RDC. Car pendant ce temps, le Rwanda avance, il modernise sa gouvernance et ses infrastructures pour le bien-être de son peuple.

L'implication du Rwanda dans la crise actuelle à l'Est de la RDC se résume et se limite à ses mesures de défense légitime suite aux menaces proférées à plusieurs reprises par le président congolais Félix Tshisekedi, qui, lors de la campagne électorale de 2023, avait promis de bombarder Kigali, mais aussi, dans plusieurs de ses sorties médiatiques, n'a jamais caché son intention de déstabiliser le Rwanda et d'y provoquer un changement de régime démocratique.
L'autre menace, ce sont les rebelles rwandais des FDLR qui sont établis à l'Est de la RDC depuis plusieurs années, mais aussi qui sont en alliance militaire avec l'armée congolaise. Le gouvernement rwandais a le droit légitime de prendre ses dispositions pour la sécurité de son peuple et de son territoire.

Il appartient au peuple congolais d'être exigeant à l'égard de ceux qui le gouvernent, mais aussi de veiller à la qualité des personnes à qui il confie les responsabilités publiques, car la RDC a des problèmes avec presque ses neuf frontières, en témoigne l'altercation entre l'armée de la RDC et celle du Congo-Brazzaville en août 2026, l'occupation de certaines localités congolaises par l'armée zambienne à Mpweto,le problème à Kahemba avec l'Angola, mais aussi aux frontières avec la République centrafricaine.
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