DarajaDaraja

OIF : Louise Mushikiwabo, la candidature du consensus

Réclamée par plusieurs États membres de l'Organisation internationale de la Francophonie, Madame Louise Mushikiwabo se retrouve face à une candidature prônée par Kinshasa, sans vision mais motivée par la rivalité et le sentiment d'hostilité à l'égard du Rwanda.

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·26 septembre 2026·5 min de lecture

En novembre 2026 est prévue une élection de tous les enjeux à l'OIF. À Siem Reap, quatre prétendants se disputeront le fauteuil de secrétaire général mais dans cette course à quatre, un duel domine tous les autres : celui qui oppose Louise Mushikiwabo, secrétaire générale sortante, à la candidature portée par Kinshasa. D'un côté, une femme qui brigue un troisième mandat fort d'un bilan déjà écrit. De l'autre, une candidature née d'abord d'une posture de rivalité à son encontre

Ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo connaît l'OIF de l'intérieur, elle qui en assure aujourd'hui la direction. Élue une première fois à Erevan en 2018, reconduite à Djerba en 2022, elle affiche, en tant que secrétaire générale sortante, un bilan que plusieurs États membres qualifient eux-mêmes de très positif. Sept ans après sa prise de fonction, elle aborde ce troisième scrutin en position de force, portée par la reconnaissance d'un travail dont les résultats, disent ses soutiens, parlent d'eux-mêmes.

Car le bilan ne se limite pas à quelques éléments de langage. Sous sa direction, l'OIF a engagé des réformes structurelles destinées à moderniser une organisation parfois jugée distante des réalités du terrain.

Louise Mushikiwabo a œuvré à rapprocher l'institution des populations francophones elles-mêmes un chantier de fond, loin des seules cérémonies diplomatiques, qui vise à redonner du sens à l'appartenance à cet espace de 90 États et gouvernements.

Cet engagement s'est aussi traduit sur le terrain culturel. Promotion de la langue française, investissement dans les industries culturelles francophones, soutien aux artistes et aux créateurs de l'espace linguistique : la secrétaire générale sortante a fait de la culture un axe central de son mandat, convaincue qu'une langue se défend autant par les politiques publiques que par la vitalité de ceux qui la parlent et la font vivre au quotidien.

Il y a dans cette longévité quelque chose qui force le respect. Si elle est réélue, Louise Mushikiwabo ne rejoindra qu'un seul autre nom au tableau d'honneur de l'OIF : Abdou Diouf, seul secrétaire général avant elle à avoir tenu trois mandats. Ce n'est pas rien, dans une organisation où l'on préfère souvent le changement au renouvellement. C'est le signe, disent ses partisans, qu'on ne change pas une équipe qui gagne surtout quand celle qui la dirige est déjà à l'œuvre depuis sept ans.

En face, l'histoire est différente et elle commence ailleurs qu'à l'OIF. Le régime de Félix Tshisekedi, animé par une animosité assumée à l'égard de la secrétaire générale sortante, a choisi de porter la candidature de Juliana Amato Lumumba, fille de Patrice Émery Lumumba. Une candidature qui, aux yeux de nombreux observateurs, s'apparente moins à un projet institutionnel mûri qu'à une tentative de Kinshasa de s'opposer frontalement à celle qui dirige déjà l'organisation.

Malgré une offensive diplomatique déployée sans compter lancement à Paris aux côtés de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, tournée à Lomé, escale à Bruxelles, sollicitation de Rabat , la candidature portée par Kinshasa peine à masquer ce qui reste, pour beaucoup, une candidature de confrontation plutôt que de vision.

Face à ce contraste, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale sortante forte d'un bilan salué par plusieurs États membres et d'un réseau d'alliances construit sur sept ans, aborde le scrutin de novembre en position favorable, en bonne posture pour décrocher un troisième mandat à la tête de l'OIF.

Sujets

Commentaires(1)

Réagissez librement — aucun compte n'est nécessaire.

Les commentaires sont relus avant publication. Les propos haineux, diffamatoires ou hors sujet ne sont pas publiés.

  1. Bernard Nsengiyumva·

    Louise c'est une femme digne de son nom. Je suis derrière elle.

← Retour à l'accueil