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Passe d'armes à l'ONU entre le président américain Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian : le réveil énergétique africain plus qu'indispensable

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·24 septembre 2026·5 min de lecture

L'Assemblée générale des Nations unies, dans sa 81e session, a offert cette semaine à New York un face-à-face à distance rarement vu entre deux pays en guerre. Donald Trump s'est adressé à près de 130 chefs d'État le 22 septembre, et son homologue iranien Masoud Pezeshkian a pris la parole le lendemain, à la même tribune. Aucun des deux n'a fait la moindre concession.

Le président américain Donald Trump lors de son allocution à l'Assemblée générale des Nations unies

Le président américain a consacré une large part de son discours à l'Iran. Il a défendu l'action militaire américaine, appelé les pays à maintenir la pression économique sur Téhéran et qualifié l'Iran de premier soutien du terrorisme.

Il a posé un choix : conclure un accord permettant à l'Iran de se reconstruire, ou « anéantir » la République islamique, et vite. Il a aussi prédit que ce deal viendrait après les élections de mi-mandat de novembre, alors que la guerre entre dans son septième mois.

La réponse de Téhéran a été défiante. Pezeshkian a affirmé que son peuple avait été victime de terrorisme, et il a montré des photos d'écoliers tués pendant le conflit. Il a promis que l'Iran ne se soumettrait pas et n'abandonnerait pas son programme nucléaire, tout en se disant prêt au dialogue et à la diplomatie, à condition de ne pas céder au langage de la force.

Le président iranien Massoud Pezeshkian lors de son allocution à l'Assemblée générale des Nations unies

Le représentant américain avait quitté la salle pendant son intervention. En coulisses, des discussions indirectes ont eu lieu, les premières depuis l'effondrement du cessez-le-feu de juin, avec le Qatar comme médiateur. Téhéran réclame notamment la fin du blocus naval américain de ses ports et la libération de ses fonds.

Un choc économique mondial

Le coût économique de ce bras de fer dépasse largement le Golfe. La fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué, selon l'Agence internationale de l'énergie, la plus grande perturbation de l'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier.

Le Brent a culminé autour de 118 dollars fin mars, est retombé vers 70 dollars début juillet, puis est remonté à 109 dollars début septembre après de nouvelles attaques contre des navires et des infrastructures énergétiques. Les engrais sont touchés eux aussi, ce qui alimente les craintes pour la sécurité alimentaire.

L'Afrique subit ce choc de plein fouet, même si tous les pays ne sont pas touchés de la même manière. Le FMI parle d'un choc mondial mais asymétrique, qui frappe plus durement les importateurs d'énergie, les pays pauvres et ceux qui ont peu de réserves.

Au Kenya, le litre de diesel a bondi de 24 % depuis le début de la guerre, à environ 1,60 dollar, et le pays pourrait solliciter jusqu'à 600 millions de dollars auprès de la Banque mondiale. Une hausse de 10 % des carburants renchérit de 3 à 5 % la distribution alimentaire dans les économies importatrices, au détriment des ménages les plus pauvres, dont la nourriture absorbe 50 à 70 % du revenu.

Les producteurs comme le Nigeria ou l'Angola encaissent des prix plus élevés, mais restent dépendants de produits raffinés importés.

Le contrecoup se joue aussi à Washington. Alors que Trump vante une économie « enviée du monde », les sondages dessinent un scénario périlleux pour son parti à l'approche du scrutin du 3 novembre.

Selon la moyenne de Silver Bulletin, les démocrates mènent d'environ 8 points sur le « generic ballot » (8,1 points, et 8,8 chez les électeurs probables). Une autre moyenne, datée du 23 septembre, les donne à 50,7 % contre 43,1 % pour les républicains. La majorité républicaine à la Chambre est étroite, à peu près 220 sièges contre 215. Des analystes avaient d'ailleurs averti qu'un choc stagflationniste lié au pétrole pourrait peser sur l'issue des élections de mi-mandat. Ce sont des sondages, pas un résultat : la Chambre est la plus exposée, le Sénat reste plus incertain.

Indépendance énergétique : l'Afrique doit prendre les devants

Cette crise rappelle une évidence : l'Afrique ne peut pas continuer à subir les caprices du marché mondial. Le continent regorge pourtant d'hydrocarbures : Nigeria, Angola, Algérie, Libye, Égypte, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, Ghana, Tchad, Cameroun, Soudan du Sud, et désormais Sénégal et Ouganda, entre autres. Mais, avertit l'African Energy Chamber, le continent risque de ne pas tirer pleinement parti de ses réserves tant qu'il exporte du brut peu valorisé et importe des produits raffinés à forte valeur.

La leçon est claire : l'indépendance énergétique passe par le raffinage local, l'intégration régionale des marchés, des stocks stratégiques et une meilleure gouvernance du secteur. L'enjeu est lourd, puisque l'AFC prévoit un déficit de 86 millions de tonnes de carburant d'ici 2040. Les énergies renouvelables doivent compléter cet effort, mais le raffinage est le chaînon manquant le plus urgent.

À cet égard, la raffinerie Dangote de Lagos est une preuve de concept. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, elle ne fournit plus seulement le Nigeria : en mars, elle a annoncé la vente de 456 000 tonnes de produits raffinés à la Côte d'Ivoire, au Cameroun, à la Tanzanie, au Ghana et au Togo. Un géant industriel africain sert désormais d'autres pays africains, sans passer par les raffineries d'Europe ou d'Asie.

L'homme d'affaires nigérian Aliko Dangote, patron de la plus grande raffinerie d'Afrique

Claude a terminé sa réponse. Nuançant l'exemple kenyan avec les mobilisations citoyennes. Bras de fer Trump–Pezeshkian à l'ONU : la guerre USA-Iran plombe l'économie africaine et sonne le réveil énergétique du continent L'Assemblée générale des Nations unies, dans sa 81e session, a offert cette semaine à New York un face-à-face à distance rarement vu entre deux pays en guerre. Donald Trump s'est adressé à près de 130 chefs d'État le 22 septembre, et son homologue iranien Masoud Pezeshkian a pris la parole le lendemain, à la même tribune. Aucun des deux n'a fait la moindre concession. Le président américain a consacré une large part de son discours à l'Iran. Il a défendu l'action militaire américaine, appelé les pays à maintenir la pression économique sur Téhéran et qualifié l'Iran de premier soutien du terrorisme. Il a posé un choix : conclure un accord permettant à l'Iran de se reconstruire, ou « anéantir » la République islamique, et vite. Il a aussi prédit que ce deal viendrait après les élections de mi-mandat de novembre, alors que la guerre entre dans son septième mois. La réponse de Téhéran a été défiante. Pezeshkian a affirmé que son peuple avait été victime de terrorisme, et il a montré des photos d'écoliers tués pendant le conflit. Il a promis que l'Iran ne se soumettrait pas et n'abandonnerait pas son programme nucléaire, tout en se disant prêt au dialogue et à la diplomatie, à condition de ne pas céder au langage de la force. Le représentant américain avait quitté la salle pendant son intervention. En coulisses, des discussions indirectes ont eu lieu, les premières depuis l'effondrement du cessez-le-feu de juin, avec le Qatar comme médiateur. Téhéran réclame notamment la fin du blocus naval américain de ses ports et la libération de ses fonds. Un choc économique mondial, de l'Afrique à Washington Le coût économique de ce bras de fer dépasse largement le Golfe. La fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué, selon l'Agence internationale de l'énergie, la plus grande perturbation de l'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier. Le Brent a culminé autour de 118 dollars fin mars, est retombé vers 70 dollars début juillet, puis est remonté à 109 dollars début septembre après de nouvelles attaques contre des navires et des infrastructures énergétiques. Les engrais sont touchés eux aussi, ce qui alimente les craintes pour la sécurité alimentaire. L'Afrique subit ce choc de plein fouet, même si tous les pays ne sont pas touchés de la même manière. Le FMI parle d'un choc mondial mais asymétrique, qui frappe plus durement les importateurs d'énergie, les pays pauvres et ceux qui ont peu de réserves. Au Kenya, le litre de diesel a bondi de 24 % depuis le début de la guerre, à environ 1,60 dollar, et le pays pourrait solliciter jusqu'à 600 millions de dollars auprès de la Banque mondiale. Une hausse de 10 % des carburants renchérit de 3 à 5 % la distribution alimentaire dans les économies importatrices, au détriment des ménages les plus pauvres, dont la nourriture absorbe 50 à 70 % du revenu. Les producteurs comme le Nigeria ou l'Angola encaissent des prix plus élevés, mais restent dépendants de produits raffinés importés. Le contrecoup se joue aussi à Washington. Alors que Trump vante une économie « enviée du monde », les sondages dessinent un scénario périlleux pour son parti à l'approche du scrutin du 3 novembre. Selon la moyenne de Silver Bulletin, les démocrates mènent d'environ 8 points sur le « generic ballot » (8,1 points, et 8,8 chez les électeurs probables). Une autre moyenne, datée du 23 septembre, les donne à 50,7 % contre 43,1 % pour les républicains. La majorité républicaine à la Chambre est étroite, à peu près 220 sièges contre 215. Des analystes avaient d'ailleurs averti qu'un choc stagflationniste lié au pétrole pourrait peser sur l'issue des élections de mi-mandat. Ce sont des sondages, pas un résultat : la Chambre est la plus exposée, le Sénat reste plus incertain. Indépendance énergétique : l'Afrique doit prendre les devants Cette crise rappelle une évidence : l'Afrique ne peut pas continuer à subir les caprices du marché mondial. Le continent regorge pourtant d'hydrocarbures : Nigeria, Angola, Algérie, Libye, Égypte, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, Ghana, Tchad, Cameroun, Soudan du Sud, et désormais Sénégal et Ouganda, entre autres. Mais, avertit l'African Energy Chamber, le continent risque de ne pas tirer pleinement parti de ses réserves tant qu'il exporte du brut peu valorisé et importe des produits raffinés à forte valeur. La leçon est claire : l'indépendance énergétique passe par le raffinage local, l'intégration régionale des marchés, des stocks stratégiques et une meilleure gouvernance du secteur. L'enjeu est lourd, puisque l'AFC prévoit un déficit de 86 millions de tonnes de carburant d'ici 2040. Les énergies renouvelables doivent compléter cet effort, mais le raffinage est le chaînon manquant le plus urgent. À cet égard, la raffinerie Dangote de Lagos est une preuve de concept. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, elle ne fournit plus seulement le Nigeria : en mars, elle a annoncé la vente de 456 000 tonnes de produits raffinés à la Côte d'Ivoire, au Cameroun, à la Tanzanie, au Ghana et au Togo. Un géant industriel africain sert désormais d'autres pays africains, sans passer par les raffineries d'Europe ou d'Asie. Aliko Dangote veut reproduire ce modèle en Afrique de l'Est. Le projet est une raffinerie à Lamu, au Kenya. D'une capacité de 700 000 barils par jour, chiffrée à 17 milliards de dollars par les autorités kényanes et à 20 milliards par Dangote lui-même, elle doit desservir le Kenya, l'Ouganda, le Soudan du Sud, le Rwanda, le Burundi et la RDC. Le financement prévoit 30 % de fonds propres et 70 % de dette, et Dangote a proposé aux pays de la région jusqu'à 30 % du capital, soit environ 1,5 milliard de dollars. Le Kenya se voit offrir 10 %, soit environ 500 millions de dollars, l'Éthiopie et le Rwanda étant invités à prendre le reste. Lamu a été retenu pour son port en eau profonde et sa liaison avec le corridor LAPSSET vers le Soudan du Sud et l'Éthiopie. Le lancement des travaux est annoncé pour le 30 septembre, pour un chantier de trois à cinq ans. Le projet repose sur un portage politique régional. Le président kényan William Ruto, qui avait d'abord proposé Tanga en Tanzanie, en est le promoteur le plus actif et le présente comme un futur pôle pétrolier régional. Paul Kagame a, de son côté, confirmé l'intérêt de Kigali : le 24 août, il a reconnu des contacts préliminaires et déclaré que le Rwanda serait très heureux de faire partie de cet investissement, tout en jugeant qu'il était trop tôt pour parler des détails. C'est donc une manifestation d'intérêt, pas encore un accord. Le projet a aussi un rival : la Tanzanie et l'Ouganda ont signé, avec le trader Vitol, un protocole pour un pôle énergétique à Tanga de plus de 20 milliards de dollars. Gouvernance : le pétrole ne suffit pas, la Gen Z doit se mobiliser Reste la question que l'Afrique doit oser se poser : pourquoi tant de pays riches en ressources restent-ils pauvres ? La RDC, qui possède des réserves pétrolières, reste dépendante de carburants importés, et sa population n'en voit pas les bénéfices. Le mal a un nom : la mauvaise gouvernance et la corruption. Selon l'indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International, la RDC n'obtient que 20 points sur 100, au 163e rang mondial. L'Afrique doit se réveiller, et la Gen Z africaine, connectée, éduquée et nombreuse, doit comprendre que le pétrole, le cobalt ou l'or ne valent rien si leurs revenus s'évaporent. À elle de mettre la pression, dans la rue, dans les urnes et sur les réseaux, sur les États qui pillent le bien commun. Deux pays de la région montrent que la bonne gouvernance est un chantier à mener, à des stades différents. Le Rwanda du président Paul Kagame fait figure de référence : il a atteint 58 points sur 100 en 2025, son meilleur score, pour une quatrième année consécutive d'amélioration, et se classe 41e sur 182 pays. Il est troisième d'Afrique subsaharienne et premier d'Afrique de l'Est, ce que Transparency Rwanda attribue à la digitalisation des services publics, à la gestion par la performance et à des institutions de contrôle solides. Le Kenya du président William Ruto, avec 30 points et le 130e rang, a encore du chemin à parcourir, mais c'est aussi là que la jeunesse Gen Z est descendue dans la rue en 2024 contre un projet de loi de finances, jusqu'à faire reculer le pouvoir : la preuve que la pression citoyenne peut changer les choses. Le message est simple : la bonne gouvernance n'est pas un luxe, c'est la condition pour que la richesse d'un pays devienne celle de ses citoyens, et pour que l'indépendance énergétique cesse d'être un slogan. J'ai présenté le Rwanda comme la référence et le Kenya comme un pays en progression, car l'indice de Transparency International (30/100, 130e rang) ne permet pas de le qualifier d'exemplaire sans risquer de prêter le flanc à la critique. L'exemple de la mobilisation Gen Z de 2024 vient de ma connaissance du dossier plutôt que d'une recherche d'aujourd'hui, donc je vous conseille de vérifier ce point avant publication. Je peux ajuster le ton si vous voulez valoriser davantage le Kenya. Insiste que la RDC à un potentiel énergétique énorme mais malheureusement le pays est plonger dans la mauvaise gouvernance et la corruption Web recherché Bras de fer Trump–Pezeshkian à l'ONU : la guerre USA-Iran plombe l'économie africaine et sonne le réveil énergétique du continent L'Assemblée générale des Nations unies, dans sa 81e session, a offert cette semaine à New York un face-à-face à distance rarement vu entre deux pays en guerre. Donald Trump s'est adressé à près de 130 chefs d'État le 22 septembre, et son homologue iranien Masoud Pezeshkian a pris la parole le lendemain, à la même tribune. Aucun des deux n'a fait la moindre concession. Le président américain a consacré une large part de son discours à l'Iran. Il a défendu l'action militaire américaine, appelé les pays à maintenir la pression économique sur Téhéran et qualifié l'Iran de premier soutien du terrorisme. Il a posé un choix : conclure un accord permettant à l'Iran de se reconstruire, ou « anéantir » la République islamique, et vite. Il a aussi prédit que ce deal viendrait après les élections de mi-mandat de novembre, alors que la guerre entre dans son septième mois. La réponse de Téhéran a été défiante. Pezeshkian a affirmé que son peuple avait été victime de terrorisme, et il a montré des photos d'écoliers tués pendant le conflit. Il a promis que l'Iran ne se soumettrait pas et n'abandonnerait pas son programme nucléaire, tout en se disant prêt au dialogue et à la diplomatie, à condition de ne pas céder au langage de la force. Le représentant américain avait quitté la salle pendant son intervention. En coulisses, des discussions indirectes ont eu lieu, les premières depuis l'effondrement du cessez-le-feu de juin, avec le Qatar comme médiateur. Téhéran réclame notamment la fin du blocus naval américain de ses ports et la libération de ses fonds. Un choc économique mondial, de l'Afrique à Washington Le coût économique de ce bras de fer dépasse largement le Golfe. La fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué, selon l'Agence internationale de l'énergie, la plus grande perturbation de l'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier. Le Brent a culminé autour de 118 dollars fin mars, est retombé vers 70 dollars début juillet, puis est remonté à 109 dollars début septembre après de nouvelles attaques contre des navires et des infrastructures énergétiques. Les engrais sont touchés eux aussi, ce qui alimente les craintes pour la sécurité alimentaire. L'Afrique subit ce choc de plein fouet, même si tous les pays ne sont pas touchés de la même manière. Le FMI parle d'un choc mondial mais asymétrique, qui frappe plus durement les importateurs d'énergie, les pays pauvres et ceux qui ont peu de réserves. Au Kenya, le litre de diesel a bondi de 24 % depuis le début de la guerre, à environ 1,60 dollar, et le pays pourrait solliciter jusqu'à 600 millions de dollars auprès de la Banque mondiale. Une hausse de 10 % des carburants renchérit de 3 à 5 % la distribution alimentaire dans les économies importatrices, au détriment des ménages les plus pauvres, dont la nourriture absorbe 50 à 70 % du revenu. Les producteurs comme le Nigeria ou l'Angola encaissent des prix plus élevés, mais restent dépendants de produits raffinés importés. Le contrecoup se joue aussi à Washington. Alors que Trump vante une économie « enviée du monde », les sondages dessinent un scénario périlleux pour son parti à l'approche du scrutin du 3 novembre. Selon la moyenne de Silver Bulletin, les démocrates mènent d'environ 8 points sur le « generic ballot » (8,1 points, et 8,8 chez les électeurs probables). Une autre moyenne, datée du 23 septembre, les donne à 50,7 % contre 43,1 % pour les républicains. La majorité républicaine à la Chambre est étroite, à peu près 220 sièges contre 215. Des analystes avaient d'ailleurs averti qu'un choc stagflationniste lié au pétrole pourrait peser sur l'issue des élections de mi-mandat. Ce sont des sondages, pas un résultat : la Chambre est la plus exposée, le Sénat reste plus incertain. Indépendance énergétique : l'Afrique doit prendre les devants Cette crise rappelle une évidence : l'Afrique ne peut pas continuer à subir les caprices du marché mondial. Le continent regorge pourtant d'hydrocarbures : Nigeria, Angola, Algérie, Libye, Égypte, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, Ghana, Tchad, Cameroun, Soudan du Sud, et désormais Sénégal et Ouganda, entre autres. Mais, avertit l'African Energy Chamber, le continent risque de ne pas tirer pleinement parti de ses réserves tant qu'il exporte du brut peu valorisé et importe des produits raffinés à forte valeur. La leçon est claire : l'indépendance énergétique passe par le raffinage local, l'intégration régionale des marchés, des stocks stratégiques et une meilleure gouvernance du secteur. L'enjeu est lourd, puisque l'AFC prévoit un déficit de 86 millions de tonnes de carburant d'ici 2040. Les énergies renouvelables doivent compléter cet effort, mais le raffinage est le chaînon manquant le plus urgent. À cet égard, la raffinerie Dangote de Lagos est une preuve de concept. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, elle ne fournit plus seulement le Nigeria : en mars, elle a annoncé la vente de 456 000 tonnes de produits raffinés à la Côte d'Ivoire, au Cameroun, à la Tanzanie, au Ghana et au Togo. Un géant industriel africain sert désormais d'autres pays africains, sans passer par les raffineries d'Europe ou d'Asie. Aliko Dangote veut reproduire ce modèle en Afrique de l'Est. Le projet est une raffinerie à Lamu, au Kenya. D'une capacité de 700 000 barils par jour, chiffrée à 17 milliards de dollars par les autorités kényanes et à 20 milliards par Dangote lui-même, elle doit desservir le Kenya, l'Ouganda, le Soudan du Sud, le Rwanda, le Burundi et la RDC.

Le financement prévoit 30 % de fonds propres et 70 % de dette, et Dangote a proposé aux pays de la région jusqu'à 30 % du capital, soit environ 1,5 milliard de dollars. Le Kenya se voit offrir 10 %, soit environ 500 millions de dollars, l'Éthiopie et le Rwanda étant invités à prendre le reste. Lamu a été retenu pour son port en eau profonde et sa liaison avec le corridor LAPSSET vers le Soudan du Sud et l'Éthiopie. Le lancement des travaux est annoncé pour le 30 septembre, pour un chantier de trois à cinq ans.

Le projet repose sur un portage politique régional. Le président kényan William Ruto, qui avait d'abord proposé Tanga en Tanzanie, en est le promoteur le plus actif et le présente comme un futur pôle pétrolier régional. le Président Paul Kagame a, de son côté, confirmé l'intérêt de Kigali : le 24 août, il a reconnu des contacts préliminaires et déclaré que le Rwanda serait très heureux de faire partie de cet investissement, tout en jugeant qu'il était trop tôt pour parler des détails. C'est donc une manifestation d'intérêt, pas encore un accord. Le projet a aussi un rival : la Tanzanie et l'Ouganda ont signé, avec le trader Vitol, un protocole pour un pôle énergétique à Tanga de plus de 20 milliards de dollars.

Le président rwandais Paul Kagame et l'homme d'affaires nigérian Aliko Dangote

RDC : un potentiel énergétique énorme, bloqué par la mauvaise gouvernance

Nulle part le paradoxe africain n'est aussi criant qu'en République démocratique du Congo. Le pays dispose de l'un des plus importants potentiels énergétiques du continent, avec plus de 100 000 MW de capacité hydroélectrique, soit environ 13 % du potentiel mondial, dont jusqu'à 40 000 MW pour le seul site d'Inga. Un atlas hydroélectrique national réévalue même ce potentiel à 167 000 MW, répartis sur environ 3 350 sites.

À cela s'ajoutent des réserves de pétrole et de gaz, principalement sur la côte et dans le graben est-africain, le gaz méthane du lac Kivu, un fort ensoleillement et de la biomasse. Sur le papier, la RDC pourrait éclairer l'Afrique centrale et australe et nourrir ses propres raffineries.

Le président congolais Félix Tshisekedi suivant les explications sur les blocs pétroliers dont dispose la RDC

Et pourtant, le pays reste dans le noir. Seuls 21,5 % des Congolais, environ 23,4 millions de personnes, avaient accès à l'électricité fin 2024. La SNEL fournit environ 2 100 MW pour une capacité installée de 2 800 MW, et les besoins non couverts des opérateurs miniers dépassent 1 500 MW, au point que plusieurs industriels importent de l'électricité des pays voisins.

Le pays qui pourrait alimenter un continent n'arrive pas à éclairer ses propres villages. Ce n'est pas une fatalité géologique : c'est le résultat de la mauvaise gouvernance et de la corruption, aggravées par l'insécurité dans l'Est. Quand les revenus des ressources s'évaporent, les barrages ne sont pas construits, les lignes ne sont pas posées et la population paie la facture.

Selon l'indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International, la RDC n'obtient que 20 points sur 100, au 163e rang mondial. L'Afrique doit se réveiller, et la Gen Z africaine, connectée, éduquée et nombreuse, doit comprendre que le pétrole, le cobalt, l'or ou l'eau du fleuve Congo ne valent rien si leurs revenus s'évaporent. À elle de mettre la pression, dans la rue, dans les urnes et sur les réseaux, sur les États qui pillent le bien commun.

Deux pays de la région montrent que la bonne gouvernance est un chantier à mener, à des stades différents. Le Rwanda du président Paul Kagame fait figure de référence : il a atteint 58 points sur 100 en 2025, son meilleur score, pour une quatrième année consécutive d'amélioration, et se classe 41e sur 182 pays.

Claude a terminé sa réponse. Nuançant l'exemple kenyan avec les mobilisations citoyennes. Bras de fer Trump–Pezeshkian à l'ONU : la guerre USA-Iran plombe l'économie africaine et sonne le réveil énergétique du continent L'Assemblée générale des Nations unies, dans sa 81e session, a offert cette semaine à New York un face-à-face à distance rarement vu entre deux pays en guerre. Donald Trump s'est adressé à près de 130 chefs d'État le 22 septembre, et son homologue iranien Masoud Pezeshkian a pris la parole le lendemain, à la même tribune. Aucun des deux n'a fait la moindre concession. Le président américain a consacré une large part de son discours à l'Iran. Il a défendu l'action militaire américaine, appelé les pays à maintenir la pression économique sur Téhéran et qualifié l'Iran de premier soutien du terrorisme. Il a posé un choix : conclure un accord permettant à l'Iran de se reconstruire, ou « anéantir » la République islamique, et vite. Il a aussi prédit que ce deal viendrait après les élections de mi-mandat de novembre, alors que la guerre entre dans son septième mois. La réponse de Téhéran a été défiante. Pezeshkian a affirmé que son peuple avait été victime de terrorisme, et il a montré des photos d'écoliers tués pendant le conflit. Il a promis que l'Iran ne se soumettrait pas et n'abandonnerait pas son programme nucléaire, tout en se disant prêt au dialogue et à la diplomatie, à condition de ne pas céder au langage de la force. Le représentant américain avait quitté la salle pendant son intervention. En coulisses, des discussions indirectes ont eu lieu, les premières depuis l'effondrement du cessez-le-feu de juin, avec le Qatar comme médiateur. Téhéran réclame notamment la fin du blocus naval américain de ses ports et la libération de ses fonds. Un choc économique mondial, de l'Afrique à Washington Le coût économique de ce bras de fer dépasse largement le Golfe. La fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué, selon l'Agence internationale de l'énergie, la plus grande perturbation de l'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier. Le Brent a culminé autour de 118 dollars fin mars, est retombé vers 70 dollars début juillet, puis est remonté à 109 dollars début septembre après de nouvelles attaques contre des navires et des infrastructures énergétiques. Les engrais sont touchés eux aussi, ce qui alimente les craintes pour la sécurité alimentaire. L'Afrique subit ce choc de plein fouet, même si tous les pays ne sont pas touchés de la même manière. Le FMI parle d'un choc mondial mais asymétrique, qui frappe plus durement les importateurs d'énergie, les pays pauvres et ceux qui ont peu de réserves. Au Kenya, le litre de diesel a bondi de 24 % depuis le début de la guerre, à environ 1,60 dollar, et le pays pourrait solliciter jusqu'à 600 millions de dollars auprès de la Banque mondiale. Une hausse de 10 % des carburants renchérit de 3 à 5 % la distribution alimentaire dans les économies importatrices, au détriment des ménages les plus pauvres, dont la nourriture absorbe 50 à 70 % du revenu. Les producteurs comme le Nigeria ou l'Angola encaissent des prix plus élevés, mais restent dépendants de produits raffinés importés. Le contrecoup se joue aussi à Washington. Alors que Trump vante une économie « enviée du monde », les sondages dessinent un scénario périlleux pour son parti à l'approche du scrutin du 3 novembre. Selon la moyenne de Silver Bulletin, les démocrates mènent d'environ 8 points sur le « generic ballot » (8,1 points, et 8,8 chez les électeurs probables). Une autre moyenne, datée du 23 septembre, les donne à 50,7 % contre 43,1 % pour les républicains. La majorité républicaine à la Chambre est étroite, à peu près 220 sièges contre 215. Des analystes avaient d'ailleurs averti qu'un choc stagflationniste lié au pétrole pourrait peser sur l'issue des élections de mi-mandat. Ce sont des sondages, pas un résultat : la Chambre est la plus exposée, le Sénat reste plus incertain. Indépendance énergétique : l'Afrique doit prendre les devants Cette crise rappelle une évidence : l'Afrique ne peut pas continuer à subir les caprices du marché mondial. Le continent regorge pourtant d'hydrocarbures : Nigeria, Angola, Algérie, Libye, Égypte, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, Ghana, Tchad, Cameroun, Soudan du Sud, et désormais Sénégal et Ouganda, entre autres. Mais, avertit l'African Energy Chamber, le continent risque de ne pas tirer pleinement parti de ses réserves tant qu'il exporte du brut peu valorisé et importe des produits raffinés à forte valeur. La leçon est claire : l'indépendance énergétique passe par le raffinage local, l'intégration régionale des marchés, des stocks stratégiques et une meilleure gouvernance du secteur. L'enjeu est lourd, puisque l'AFC prévoit un déficit de 86 millions de tonnes de carburant d'ici 2040. Les énergies renouvelables doivent compléter cet effort, mais le raffinage est le chaînon manquant le plus urgent. À cet égard, la raffinerie Dangote de Lagos est une preuve de concept. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, elle ne fournit plus seulement le Nigeria : en mars, elle a annoncé la vente de 456 000 tonnes de produits raffinés à la Côte d'Ivoire, au Cameroun, à la Tanzanie, au Ghana et au Togo. Un géant industriel africain sert désormais d'autres pays africains, sans passer par les raffineries d'Europe ou d'Asie. Aliko Dangote veut reproduire ce modèle en Afrique de l'Est. Le projet est une raffinerie à Lamu, au Kenya. D'une capacité de 700 000 barils par jour, chiffrée à 17 milliards de dollars par les autorités kényanes et à 20 milliards par Dangote lui-même, elle doit desservir le Kenya, l'Ouganda, le Soudan du Sud, le Rwanda, le Burundi et la RDC. Le financement prévoit 30 % de fonds propres et 70 % de dette, et Dangote a proposé aux pays de la région jusqu'à 30 % du capital, soit environ 1,5 milliard de dollars. Le Kenya se voit offrir 10 %, soit environ 500 millions de dollars, l'Éthiopie et le Rwanda étant invités à prendre le reste. Lamu a été retenu pour son port en eau profonde et sa liaison avec le corridor LAPSSET vers le Soudan du Sud et l'Éthiopie. Le lancement des travaux est annoncé pour le 30 septembre, pour un chantier de trois à cinq ans. Le projet repose sur un portage politique régional. Le président kényan William Ruto, qui avait d'abord proposé Tanga en Tanzanie, en est le promoteur le plus actif et le présente comme un futur pôle pétrolier régional. Paul Kagame a, de son côté, confirmé l'intérêt de Kigali : le 24 août, il a reconnu des contacts préliminaires et déclaré que le Rwanda serait très heureux de faire partie de cet investissement, tout en jugeant qu'il était trop tôt pour parler des détails. C'est donc une manifestation d'intérêt, pas encore un accord. Le projet a aussi un rival : la Tanzanie et l'Ouganda ont signé, avec le trader Vitol, un protocole pour un pôle énergétique à Tanga de plus de 20 milliards de dollars. Gouvernance : le pétrole ne suffit pas, la Gen Z doit se mobiliser Reste la question que l'Afrique doit oser se poser : pourquoi tant de pays riches en ressources restent-ils pauvres ? La RDC, qui possède des réserves pétrolières, reste dépendante de carburants importés, et sa population n'en voit pas les bénéfices. Le mal a un nom : la mauvaise gouvernance et la corruption. Selon l'indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International, la RDC n'obtient que 20 points sur 100, au 163e rang mondial. L'Afrique doit se réveiller, et la Gen Z africaine, connectée, éduquée et nombreuse, doit comprendre que le pétrole, le cobalt ou l'or ne valent rien si leurs revenus s'évaporent. À elle de mettre la pression, dans la rue, dans les urnes et sur les réseaux, sur les États qui pillent le bien commun. Deux pays de la région montrent que la bonne gouvernance est un chantier à mener, à des stades différents. Le Rwanda du président Paul Kagame fait figure de référence : il a atteint 58 points sur 100 en 2025, son meilleur score, pour une quatrième année consécutive d'amélioration, et se classe 41e sur 182 pays. Il est troisième d'Afrique subsaharienne et premier d'Afrique de l'Est, ce que Transparency Rwanda attribue à la digitalisation des services publics, à la gestion par la performance et à des institutions de contrôle solides. Le Kenya du président William Ruto, avec 30 points et le 130e rang, a encore du chemin à parcourir, mais c'est aussi là que la jeunesse Gen Z est descendue dans la rue en 2024 contre un projet de loi de finances, jusqu'à faire reculer le pouvoir : la preuve que la pression citoyenne peut changer les choses. Le message est simple : la bonne gouvernance n'est pas un luxe, c'est la condition pour que la richesse d'un pays devienne celle de ses citoyens, et pour que l'indépendance énergétique cesse d'être un slogan. J'ai présenté le Rwanda comme la référence et le Kenya comme un pays en progression, car l'indice de Transparency International (30/100, 130e rang) ne permet pas de le qualifier d'exemplaire sans risquer de prêter le flanc à la critique. L'exemple de la mobilisation Gen Z de 2024 vient de ma connaissance du dossier plutôt que d'une recherche d'aujourd'hui, donc je vous conseille de vérifier ce point avant publication. Je peux ajuster le ton si vous voulez valoriser davantage le Kenya. Insiste que la RDC à un potentiel énergétique énorme mais malheureusement le pays est plonger dans la mauvaise gouvernance et la corruption Web recherché Bras de fer Trump–Pezeshkian à l'ONU : la guerre USA-Iran plombe l'économie africaine et sonne le réveil énergétique du continent L'Assemblée générale des Nations unies, dans sa 81e session, a offert cette semaine à New York un face-à-face à distance rarement vu entre deux pays en guerre. Donald Trump s'est adressé à près de 130 chefs d'État le 22 septembre, et son homologue iranien Masoud Pezeshkian a pris la parole le lendemain, à la même tribune. Aucun des deux n'a fait la moindre concession. Le président américain a consacré une large part de son discours à l'Iran. Il a défendu l'action militaire américaine, appelé les pays à maintenir la pression économique sur Téhéran et qualifié l'Iran de premier soutien du terrorisme. Il a posé un choix : conclure un accord permettant à l'Iran de se reconstruire, ou « anéantir » la République islamique, et vite. Il a aussi prédit que ce deal viendrait après les élections de mi-mandat de novembre, alors que la guerre entre dans son septième mois. La réponse de Téhéran a été défiante. Pezeshkian a affirmé que son peuple avait été victime de terrorisme, et il a montré des photos d'écoliers tués pendant le conflit. Il a promis que l'Iran ne se soumettrait pas et n'abandonnerait pas son programme nucléaire, tout en se disant prêt au dialogue et à la diplomatie, à condition de ne pas céder au langage de la force. Le représentant américain avait quitté la salle pendant son intervention. En coulisses, des discussions indirectes ont eu lieu, les premières depuis l'effondrement du cessez-le-feu de juin, avec le Qatar comme médiateur. Téhéran réclame notamment la fin du blocus naval américain de ses ports et la libération de ses fonds. Un choc économique mondial, de l'Afrique à Washington Le coût économique de ce bras de fer dépasse largement le Golfe. La fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué, selon l'Agence internationale de l'énergie, la plus grande perturbation de l'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier. Le Brent a culminé autour de 118 dollars fin mars, est retombé vers 70 dollars début juillet, puis est remonté à 109 dollars début septembre après de nouvelles attaques contre des navires et des infrastructures énergétiques. Les engrais sont touchés eux aussi, ce qui alimente les craintes pour la sécurité alimentaire. L'Afrique subit ce choc de plein fouet, même si tous les pays ne sont pas touchés de la même manière. Le FMI parle d'un choc mondial mais asymétrique, qui frappe plus durement les importateurs d'énergie, les pays pauvres et ceux qui ont peu de réserves. Au Kenya, le litre de diesel a bondi de 24 % depuis le début de la guerre, à environ 1,60 dollar, et le pays pourrait solliciter jusqu'à 600 millions de dollars auprès de la Banque mondiale. Une hausse de 10 % des carburants renchérit de 3 à 5 % la distribution alimentaire dans les économies importatrices, au détriment des ménages les plus pauvres, dont la nourriture absorbe 50 à 70 % du revenu. Les producteurs comme le Nigeria ou l'Angola encaissent des prix plus élevés, mais restent dépendants de produits raffinés importés. Le contrecoup se joue aussi à Washington. Alors que Trump vante une économie « enviée du monde », les sondages dessinent un scénario périlleux pour son parti à l'approche du scrutin du 3 novembre. Selon la moyenne de Silver Bulletin, les démocrates mènent d'environ 8 points sur le « generic ballot » (8,1 points, et 8,8 chez les électeurs probables). Une autre moyenne, datée du 23 septembre, les donne à 50,7 % contre 43,1 % pour les républicains. La majorité républicaine à la Chambre est étroite, à peu près 220 sièges contre 215. Des analystes avaient d'ailleurs averti qu'un choc stagflationniste lié au pétrole pourrait peser sur l'issue des élections de mi-mandat. Ce sont des sondages, pas un résultat : la Chambre est la plus exposée, le Sénat reste plus incertain. Indépendance énergétique : l'Afrique doit prendre les devants Cette crise rappelle une évidence : l'Afrique ne peut pas continuer à subir les caprices du marché mondial. Le continent regorge pourtant d'hydrocarbures : Nigeria, Angola, Algérie, Libye, Égypte, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, Ghana, Tchad, Cameroun, Soudan du Sud, et désormais Sénégal et Ouganda, entre autres. Mais, avertit l'African Energy Chamber, le continent risque de ne pas tirer pleinement parti de ses réserves tant qu'il exporte du brut peu valorisé et importe des produits raffinés à forte valeur. La leçon est claire : l'indépendance énergétique passe par le raffinage local, l'intégration régionale des marchés, des stocks stratégiques et une meilleure gouvernance du secteur. L'enjeu est lourd, puisque l'AFC prévoit un déficit de 86 millions de tonnes de carburant d'ici 2040. Les énergies renouvelables doivent compléter cet effort, mais le raffinage est le chaînon manquant le plus urgent. À cet égard, la raffinerie Dangote de Lagos est une preuve de concept. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, elle ne fournit plus seulement le Nigeria : en mars, elle a annoncé la vente de 456 000 tonnes de produits raffinés à la Côte d'Ivoire, au Cameroun, à la Tanzanie, au Ghana et au Togo. Un géant industriel africain sert désormais d'autres pays africains, sans passer par les raffineries d'Europe ou d'Asie. Aliko Dangote veut reproduire ce modèle en Afrique de l'Est. Le projet est une raffinerie à Lamu, au Kenya. D'une capacité de 700 000 barils par jour, chiffrée à 17 milliards de dollars par les autorités kényanes et à 20 milliards par Dangote lui-même, elle doit desservir le Kenya, l'Ouganda, le Soudan du Sud, le Rwanda, le Burundi et la RDC. Le financement prévoit 30 % de fonds propres et 70 % de dette, et Dangote a proposé aux pays de la région jusqu'à 30 % du capital, soit environ 1,5 milliard de dollars. Le Kenya se voit offrir 10 %, soit environ 500 millions de dollars, l'Éthiopie et le Rwanda étant invités à prendre le reste. Lamu a été retenu pour son port en eau profonde et sa liaison avec le corridor LAPSSET vers le Soudan du Sud et l'Éthiopie. Le lancement des travaux est annoncé pour le 30 septembre, pour un chantier de trois à cinq ans. Le projet repose sur un portage politique régional. Le président kényan William Ruto, qui avait d'abord proposé Tanga en Tanzanie, en est le promoteur le plus actif et le présente comme un futur pôle pétrolier régional. Paul Kagame a, de son côté, confirmé l'intérêt de Kigali : le 24 août, il a reconnu des contacts préliminaires et déclaré que le Rwanda serait très heureux de faire partie de cet investissement, tout en jugeant qu'il était trop tôt pour parler des détails. C'est donc une manifestation d'intérêt, pas encore un accord. Le projet a aussi un rival : la Tanzanie et l'Ouganda ont signé, avec le trader Vitol, un protocole pour un pôle énergétique à Tanga de plus de 20 milliards de dollars. RDC : un potentiel énergétique énorme, confisqué par la mauvaise gouvernance Nulle part le paradoxe africain n'est aussi criant qu'en République démocratique du Congo. Le pays dispose de l'un des plus importants potentiels énergétiques du continent, avec plus de 100 000 MW de capacité hydroélectrique, soit environ 13 % du potentiel mondial, dont jusqu'à 40 000 MW pour le seul site d'Inga. Un atlas hydroélectrique national réévalue même ce potentiel à 167 000 MW, répartis sur environ 3 350 sites. À cela s'ajoutent des réserves de pétrole et de gaz, principalement sur la côte et dans le graben est-africain, le gaz méthane du lac Kivu, un fort ensoleillement et de la biomasse. Sur le papier, la RDC pourrait éclairer l'Afrique centrale et australe et nourrir ses propres raffineries. La RDC adopte une nouvelle politique énergétique pour améliorer l’accès à l’électricité +2 Et pourtant, le pays reste dans le noir. Seuls 21,5 % des Congolais, environ 23,4 millions de personnes, avaient accès à l'électricité fin 2024. La SNEL fournit environ 2 100 MW pour une capacité installée de 2 800 MW, et les besoins non couverts des opérateurs miniers dépassent 1 500 MW, au point que plusieurs industriels importent de l'électricité des pays voisins. Le pays qui pourrait alimenter un continent n'arrive pas à éclairer ses propres villages. Ce n'est pas une fatalité géologique : c'est le résultat de la mauvaise gouvernance et de la corruption, aggravées par l'insécurité dans l'Est. Quand les revenus des ressources s'évaporent, les barrages ne sont pas construits, les lignes ne sont pas posées et la population paie la facture. Selon l'indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International, la RDC n'obtient que 20 points sur 100, au 163e rang mondial. L'Afrique doit se réveiller, et la Gen Z africaine, connectée, éduquée et nombreuse, doit comprendre que le pétrole, le cobalt, l'or ou l'eau du fleuve Congo ne valent rien si leurs revenus s'évaporent. À elle de mettre la pression, dans la rue, dans les urnes et sur les réseaux, sur les États qui pillent le bien commun. RDC : 3 349 sites hydroélectriques identifiés pour un potentiel de 167,25 gigawatts - Energies Media +2 Deux pays de la région montrent que la bonne gouvernance est un chantier à mener, à des stades différents. Le Rwanda du président Paul Kagame fait figure de référence : il a atteint 58 points sur 100 en 2025, son meilleur score, pour une quatrième année consécutive d'amélioration, et se classe 41e sur 182 pays. Il est troisième d'Afrique subsaharienne et premier d'Afrique de l'Est, ce que Transparency Rwanda attribue à la digitalisation des services publics, à la gestion par la performance et à des institutions de contrôle solides. Le Kenya du président William Ruto, avec 30 points et le 130e rang.

Le président kényan William Ruto et son homologue rwandais Paul Kagame
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