
Quand Julien Paluku tente de légitimer l’inacceptable par une fausse analogie théocratique
Le peuple congolais mérite un débat fondé sur la vérité, le droit et les principes démocratiques, non sur des raisonnements fallacieux destinés à créer une illusion de légitimité.
Tribune de Maître Jean-Paul Paluku NGAHANGONDI

L’argument avancé par Julien Paluku Kaghongya, qui invoque la réforme de la loi fondamentale du Vatican pour tenter de justifier une révision de la Constitution de la République Démocratique du Congo, constitue une démonstration profondément trompeuse. Il repose sur une fausse analogie qui ne résiste à aucune analyse sérieuse du droit constitutionnel.
Comparer une monarchie théocratique absolue, où le Souverain Pontife concentre les pouvoirs selon un régime sui generis, à une République Démocratique fondée sur la souveraineté du peuple, la séparation des pouvoirs, l’État de droit et l’alternance politique, relève d’une confusion volontaire entre deux réalités institutionnelles incompatibles.
Au Vatican, les adaptations de la loi fondamentale n’ont jamais eu pour objet de remettre en cause la nature du régime ni de permettre à un dirigeant de contourner des limitations démocratiques. Prétendre qu’elles constituent un précédent pour légitimer une modification de la Constitution congolaise revient à détourner le droit comparé de sa finalité et à instrumentaliser des références juridiques afin d’influencer l’opinion publique.
Une telle démarche est dangereuse. Elle participe à la banalisation des manipulations constitutionnelles et risque d’affaiblir les fondements de l’État de droit en République Démocratique du Congo. Lorsqu’un responsable politique utilise des comparaisons manifestement inappropriées pour défendre un projet touchant au pacte républicain, il ne nourrit pas le débat démocratique ; il contribue à semer la confusion et à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions.
La Constitution de la République Démocratique du Congo ne peut être interprétée ni réformée au moyen de comparaisons artificielles avec un État dont la nature juridique, les institutions et la légitimité politique sont radicalement différentes. Les enjeux constitutionnels exigent de la rigueur, de l’honnêteté intellectuelle et un profond respect de la souveraineté du peuple congolais.
Le peuple congolais mérite un débat fondé sur la vérité, le droit et les principes démocratiques, non sur des raisonnements fallacieux destinés à créer une illusion de légitimité.
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