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VITAL KAMERHE : un lion dépouillé de ses dents et sans choix

C'est donc un lion sans dents qui s'est exprimé : un homme qui n'a plus d'autre choix que de fléchir devant un tyran de peur de perdre son pain, un acteur politique terrorisé et traumatisé par la prison, qui souffre visiblement du syndrome de Stockholm.

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·14 octobre 2026·5 min de lecture

Après l'adresse à la nation du président Joseph Kabila Kabange du vendredi 9 octobre 2026, suivie de la création à Goma du Front pour la refondation de la nation (FRN), plusieurs acteurs politiques ont réagi, pour la plupart en se désolidarisant du président Joseph Kabila Kabange par peur des représailles du régime de Kinshasa.

Pour rappel, le Front pour la refondation de la nation (FRN) est un mouvement politico-militaire 100 % congolais, composé de filles et fils des 26 provinces de la RDC, qui ont décidé d'unir leurs énergies et leurs efforts afin de mettre fin à la dictature de Félix Tshisekedi et de remettre le Congo sur le rail du développement.

VITAL KAMERHE, LE LION SANS DENTS

Parmi les réactions des acteurs politiques congolais, il faut noter celle de Vital Kamerhe, ancien proche du président Joseph Kabila Kabange. Il avait présidé l'Assemblée nationale sous Joseph Kabila, après les premières élections démocratiques de 2006, avant de tomber en disgrâce.

Devenu allié de Félix Tshisekedi en 2018 au sein d'une coalition baptisée Cap pour le changement (CACH), Vital Kamerhe a été humilié de façon spectaculaire. L'accord qu'il avait conclu avec Félix Tshisekedi à Nairobi prévoyait que Tshisekedi fasse un mandat, puis lui cède la place.

Rusé et influencé par son clan tribal, Félix Tshisekedi s'est employé à l'affaiblir ffragiliser en le piégeant dans un dossier de détournement, le fameux dossier des 100 jours, qui a conduit à sa condamnation à 20 ans de travaux forcés en juin 2020.

Sa sortie de prison était en réalité le fruit d'un arrangement politique : Félix Tshisekedi lui avait imposé de renoncer à ses droits liés à l'accord de Nairobi et de faire profil bas. Après les élections de 2023, Vital Kamerhe a été élu président de l'Assemblée nationale, mais pour un temps seulement.

Félix Tshisekedi et son clan l'ont trouvé gênant, un obstacle à leur projet de changement de la Constitution. Le chef de l'État a alors ordonné son éviction et son remplacement par Aimé Boji, un beau-frère de Vital Kamerhe (la logique du « diviser pour régner »).

Dans sa sortie médiatique dans la nuit du 13 octobre, Vital Kamerhe condamne la décision du président Joseph Kabila Kabange. En réalité, il n'a pas d'autre choix : son parti, l'Union pour la nation congolaise (UNC), est aujourd'hui affaibli, infiltré et fragilisé par Félix Tshisekedi.

Comme tout politicien congolais, Monsieur Kamerhe voit avant tout ses intérêts matériels (biens immobiliers et autres), qui se trouvent à Kinshasa. Il y a aussi son épouse, Amida Shatur, qui ne peut pas l'accompagner sur une piste courageuse visant à libérer la RDC de la dictature et de la mauvaise gouvernance.

“C'est donc un lion sans dents qui s'est exprimé : un homme qui n'a plus d'autre choix que de fléchir devant un tyran de peur de perdre son pain, un acteur politique terrorisé et traumatisé par la prison, qui souffre visiblement du syndrome de Stockholm.”
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